Au secours, je ne peux plus rien manger

Depuis que j’ai été diagnostiqué colopathe ou plutôt que mon gastro m’a parlé des troubles fonctionnels intestinaux après de nombreux examens, j’ai été dans un premier dans heureux de savoir que je n’avais rien de grave. En effet, les signes comme les troubles digestifs, les gaz intestinaux et ballonnements peuvent aussi se retrouver dans d’autres maladies comme les maladies inflammatoires (Crohn, RCH) ou le cancer. Mais dans un second temps, je l’ai vraiment mal vécu, car c’est pour moi une forme de privation sur un des seuls plaisirs que je m’accorde dans la vie : La nourriture. Du coup, je n’ai pas encore fait d’effort pour améliorer ma santé. Je ne me sens pas prêt.

Je veux te parler de ça, car sur internet on ne voit que des gens qui changent leur alimentation, qui arrivent à avoir des résultats, alors que je suis sûr que ce n’est qu’une minorité. Il faut aussi parler des gens comme moi, qui ont du mal à se faire une raison et qui galèrent.

Pourquoi est-ce un choc de changer mon alimentation ?

J’ai toujours eu une éducation assez stricte et peu de liberté lorsque j’étais chez mes parents, de ma naissance à mes 18 ans. Cela se ressentait aussi sur la bouffe. Il n’y avait pas de place pour les bonbons ou les sucreries et soda. Non. Un repas était composé d’une entrée avec des légumes, d’un plat souvent élaboré (Langue de bœuf, ratatouille etc.), d’un bout de fromage avec du pain et d’un yaourt ou fruit en dessert. Au goûter, pas question d’avoir une pâtisserie ou un pain au chocolat.

Dans un sens, je n’ai manqué de rien et était donc en parfaite santé avec des apports sains et des aliments variés. Mais je ne faisais de ce fait jamais aucun écart et c’était assez contraignant pour moi. J’avais envie parfois de me lâcher un peu plus.

Du coup quand j’ai eu l’âge de m’assumer, j’ai commencé à manger tout ce dont j’avais envie. Fastfood, kebab, bonbons… Bref, tout y passait. C’était sympa et sans conséquence sur ma santé ou mon poids, donc tout allait bien.

Aujourd’hui, je ne fume plus, je ne bois pas ou peu d’alcool, alors la nourriture est mon seul vrai plaisir. Et le fait d’être colopathe change la donne. Je sais qu’on peut se faire plaisir en mangeant bien, mais ce n’est pas pareil. Me dire qu’avec une raclette, j’aurais forcément mal au ventre, ce n’est pas du tout la vie que j’ai envie de mener.

Même si je suis conscient que mes abus ont certainement contribué à mon état de santé actuel, je ne suis pas forcément prêt à faire des efforts pour le moment. Je veux pouvoir être libre de manger ce que je souhaite sans répercussion.

Un problème d’œsophage

Si je me jette depuis quelques années sur la nourriture, c’est aussi parce que j’ai peur de ne plus pouvoir en manger. Tu vas trouver ça bête, mais il y a quelques années j’ai eu un problème à l’œsophage. Celui-ci était rétréci et je ne pouvais pas manger comme je le souhaitais, car les aliments ne passaient plus. Pendant un an j’ai dû manger de la soupe et des yaourts sans pouvoir me faire plaisir. C’était assez horrible. Il y avait à la fois un aspect psychologique (Peut-être un traumatisme enfoui) et une cause physiologique.

J’ai donc dû me faire opérer. En gros, on a gonflé un ballon dans mon œsophage pour l’agrandir.

Depuis, je mange normalement, voir un peu trop, car cette année de privation m’a assez choqué et m’a fait comprendre quel plaisir on peut avoir en mangeant.

Une prise de conscience

Même si je ne compte pas arrêter de manger ce que je veux, j’ai bien conscience que je ne pourrais pas continuer ainsi longtemps et j’ai tout de même réalisé quelques démarches. J’ai par exemple fait une consultation avec une naturopathe. Elle m’a d’ailleurs dit que si je ne change pas mon alimentation, c’est que je ne souffre pas assez et qu’il faut justement que je m’y mette maintenant avant d’avoir plus de conséquences.

Je me suis aussi renseigné sur le régime pauvre en FODMAP. Je t’ai d’ailleurs fait un petit résumé ici, car il fonctionne très bien pour ceux qui sont atteints du syndrome de l’intestin irritable.

Et malgré tout, je ne bois pratiquement plus de soda et ne mange pratiquement plus de bonbons ou sucreries.

C’est déjà un grand pas pour moi qui en amènera certainement plein d’autres dans le futur.

Je pense qu’Instagram ou internet plus globalement, nous montre trop de gens qui mangent sainement, qui font tout ce qu’il faut pour réduire les symptômes et s’améliorer au quotidien. Pourtant, je crois que ce n’est pas la majorité et que ce n’est pas si facile que ça. Chacun avance à son rythme et gère comme il veut/peut la maladie. Il ne faut pas regarder les autres et suivre sa propre route quand on se sent prêt à avancer.

Le SII, un ami qui nous veut du bien ?

Pour autant, je ne suis pas seulement colère contre cet intestin irritable. Au contraire, il n’apporte pas que du négatif. Pour ma part en tout cas. Quand les premiers symptômes sont arrivés, je mangeais vraiment n’importe comment et j’étais un peu en surpoids (4 kilos environ).

C’était un signal d’alerte avant que cela ne pose d’autres problèmes de santé plus conséquents. En tout cas je l’ai vécu de cette façon. Je me suis donc remis un peu au sport, j’ai maigri et ai un peu mieux mangé en variant mon alimentation.

Je pense alors que les troubles fonctionnels intestinaux sont liés à ce que nous sommes et ce que nous mangeons. C’est-à-dire à notre bien être psychologique et notre régime alimentaire. Le stress + la malbouffe engendre un SII. C’est assez logique, sachant que les intestins sont notre deuxième cerveau.

Je crois ainsi qu’il est donc temps que je prenne soin d’eux et du reste de mon corps, sans oublier les écarts de temps en temps.

Un burger, une pizza ou des profiteroles au chocolat par exemple. Et toi, tu ferais quel craquage en premier ?

Finalement, on peut dire que penser que je ne peux plus rien manger n’est pas totalement vrai. Il y a des alternatives et des façons de se faire plaisir de la bonne manière et intelligemment.

Je pensais que cet article serait uniquement négatif, mais je me suis rendu compte en écrivant, qu’il y a aussi un peu de positif. Et c’est déjà un grand super pour moi ! C’est un peu ma thérapie ici, et si tu veux faire de même, n’hésite pas à partager ton vécu en commentaire.

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